FICHE ELEVAGE

Marqués de VILLAMARTA (2)

Plan : 00.03 ou 00.00



En 1914, le Marqués de VILLAMARTA revient à ses premières amours. Il achète à diverses sources (qu'il complètera ultérieurement) et recrée un élevage. L'ensemble de ses achats représente 360 têtes, toutes de sang vistahermosa, sauf la "pointe" de MEDINA GARVEY qui est un croisement vistahermosa x vázquez. Ce mélange d'encastes sur fond ibarra est assez improbable... et pourtant réussi ! Le villamarta est né.
A noter que le Marquis avait conservé ses droits au fer et les couleurs de sa devise lors de la vente de son premier élevage : avec le second, il prend pour nouveau fer le dessin à peine modifié de son premier fer.
En 1921, au bout de 7 ans donc, il fournit déjà 38 toros et 49 novillos, jugés très inégaux mais laissant deviner un fond de grande caste dans l'élevage... ainsi qu'un certain manque de rigueur dans la sélection (Luis URIARTE, "DON LUIS").
En 1931, c'est l'élevage le plus conséquent d'Andalousie, voire d'Espagne, avec ses 9.000 hectares, ses 1500 têtes et ses 111 bêtes lidiées [à rapprocher des 90 lidiées chez SANTA COLOMA, des 65 de Carmen de FEDERICO, ou des 58 de Alipio PÉREZ TABERNERO]. En plus, la qualité est là : pas 1 seul toro ni novillo banderillé "à feu" cette année-là et beaucoup de grands toros ("Uno al Sesgo", successeur de Luis URIARTE alias "Don Luis"). Les toreros vedettes s'arrachent les produits ; les aficionados apprécient leur bravoure... et le Marquis n'arrive pas à livrer tous les reproducteurs que lui demandent ses confrères. Le 5 février 1933 à México, son toro "Ilustrado" est gracié après avoir bien pris 4 piques et démontré une excellente noblesse dans la muleta de David LICEAGA. Il est ensuite vendu aux enchères pour 12.000 pesetas à Emilio HUERTA CORUJO, un obscur ganadero : 20% vont à l'empresa pour les soins et la nourriture du toro, une taxe de 1.000 pesos à l'UCTL espagnole pour vente de semental, le reste étant réparti entre les toreros pauvres ou blessés dans le besoin.
En 1933, année de sa mort, le Marquis a lidié 79 toros et 58 novillos dont "très peu de manso et beaucoup de bon et brave" ("Uno al Sesgo"). Sa veuve lui succède.
Une donnée intéressante au sujet du problème des "latifundios" : l'élevage du toro bravo, évidemment lié aux grands propriétaires terriens et donc à un certain milieu social et à certaines mentalités, occupe-t-il réellement beaucoup d'espace cultivable ? En 1931, la menace politique d'expropriations se dessine ; la UCTL fait le point de la situation. Il en ressort pour toute l'Espagne que :
1)132.000 hectares sur 52.000.000 sont réservés au bétail bravo ;
2)2/3 au moins de ces 132.000 hectares sont incultivables pour manque d'eau, affleurements rocheux ou mauvaise qualité de la terre.
Le problème semble surtout symbolique.
Plus précisément, à cette date en Andalousie - Estrémadure, les éleveurs les plus importants sont : VILLAMARTA avec 9.000 hectares pour 1.500 têtes de bravo ; Juan José GONZÁLEZ NANDÍN avec 5.000 hectares pour 555 têtes ; Félix MORENO ARDANUY et son épouse Enriqueta de LA COVA avec 4.600 hectares pour 800 têtes ; Rufino MORENO SANTAMARÍA avec 4.374 hectares pour 493 têtes ; Felipe de PABLO ROMERO y LLORENTE avec 4.000 hectares pour 800 têtes ; Antonio et José MIURA FERNÁNDEZ, hijos de Eduardo MIURA FERNÁNDEZ (1) avec 3.387 hectares pour 1.065 têtes... Sans parler des autres cheptels ! p.ex. Félix MORENO ARDANUY élève aussi sur les mêmes terres 800 "moruchos", 250 cheveaux, 4.000 ovins, 500 caprins et 2.300 cochons... Reste que la loi agraire est votée en 1932 malgré les déclarations d'un certain nombre de personnalités républicaines assurant que le problème est surfait (la symbolique sociale a joué à fond). Le soulèvement militaire du 18 juillet 1936 remet tout en cause avant que la loi ne soit appliquée...
On ne s'étonnera donc guère de l'image rétrograde de la corrida, particulièrement en Catalogne où l'on se targue, à juste titre, de modernité ! Mais il serait souhaitable qu'aujourd'hui ces images d'Epinal sient rangées au placard...


Les événements


Date : 1914
  • Cession de bétail :
    L'élevage st_clm vend à l'élevage Marqués de VILLAMARTA (2) un lot de ses vaches (encaste sltl).
    Probablement une simple "pointe" de bétail, car elle n'est pas mentionnée par tous les auteurs. Elle entre dans l'ensemble de 360 vaches composant le nouvel encaste villamarta.

  • Cession de bétail :
    L'élevage urc vend à l'élevage Marqués de VILLAMARTA (2) un lot de ses vaches (encaste urc).
    Ce lot entre dans l'ensemble de 360 vaches composant le nouvel encaste villamarta.

  • Cession de bétail :
    L'élevage Fernando PARLADÉ vend à l'élevage Marqués de VILLAMARTA (2) quelques etalons (encaste parladé).
    Ces étalons sont destinés à couvrir les 360 vaches achetées, dans 4 élevages différents, la même année 1914 ; cet ensemble compose la base du nouvel encaste villamarta. Ces étalons portent le fer de Parladé, c'est pourquoi on les attribue à cet élevage ; mais il se pourrait aussi qu'il viennent soit de quelqu'un les ayants acquis auparavant chez PARLADÉ, soit du successeur de PARLADÉ : Luis GAMERO CÍVICO, en 1914 justement. oient achetés lot entre dans l'ensemble de 360 vaches composant le nouvel encaste villamarta.

  • Cession de bétail :
    L'élevage mdn_grvy vend à l'élevage Marqués de VILLAMARTA (2) quelques vaches (encaste hdlg_bqr1).
    Une simple "pointe" de bétail (essentiellement des vaches vistahermosa X étalons vázquez), qui entre dans la composition du nouvel encaste villamarta.

  • Cession de bétail :
    L'élevage Tomasa ESCRIBANO, viuda de MURUBE vend à l'élevage Marqués de VILLAMARTA (2) un lot de ses vaches (encaste murube).
    Ce lot de vaches fait partie d'un ensemble de 4 achats, qui totaliseront 360 vaches.

  • Cession de bétail :
    L'élevage Fernando PARLADÉ vend à l'élevage Marqués de VILLAMARTA (2) 6 etalons (encaste parladé).

  • Transfert/Cession de lieu :
      finca LAS QUINIENTAS sur la commune

    Le Marquis réactive cette ancienne finca ganadera.

  • Transfert/Cession de lieu :
      finca LA CAULINA sur la commune

    Le Marquis réactive cette ancienne finca ganadera.

  • Transfert/Cession de lieu :
      finca LA TAPA sur la commune

    Le Marquis réactive cette ancienne finca ganadera.

  • Création :

    On place, un peu arbitrairement, dans cet achat la création du second élevage et du second fer du Marqués de VILLAMARTA, car la même année il fait 4 achats. C'est seulement le dessin du fer qui est créé : il avait conservé les droits à la vente de son 1er élevage.


Date : entre 1915 et 1920
Date : entre 1915 et 1925
  • Cession de bétail :
    L'élevage st_clm vend à l'élevage Marqués de VILLAMARTA (2) quelques vaches (encaste st_clm).
    Ce santa coloma, sans doute acheté un peu plus tard en complément, a pour fonction de tempérer l'ardeur du saltillo, d'ailleurs acheté au même endroit.


Date : entre 1916 et 1921
Date : entre 1920 et 1925
Date : entre 1927 et 1933
Date : 1928
Date : 1929
Date : entre 1929 et 1933
Date : 1933