FICHE ELEVAGE

(Hermanos) Francisco (et Rafael) GALLARDO

Plan : 03.01



A sa mort, en 1808, les (Hermanos) Francisco (et Rafael) GALLARDO prennent seuls la succession de leur père, Francisco de Paula. Cela n'affecte guère l'élevage puisqu'ils travaillent sous la direction paternelle depuis les origines et qu'ils poursuivent l'oeuvre entreprise. Les célèbres gallardo conservent tout le prestige de leur fer.
On notera que l'élevage présente aux arènes du Puerto, les 25 et 26 août 1808 [après ou avant la mort du père ???] 2 corridas "patriotiques" au bénéfice des volontaires de la ville qui étaient allés défendre la patrie contre l'envahisseur français. Entre les deux courses, ce sont 16 novillos qui sont courus : 8 des dominicains du COUVENT ROYAL DE SANTO DOMINGO de Jerez et "les 8 autres de Don Francisco et Don Rafael GALLARDO, de cette ville du Puerto, avec devise rouge -encarnada-." Parmi les toreros, on trouve le célèbre figure Jerónimo José CÁNDIDO. On se souviendra que les Pères CHARTREUX de Jerez se sont présetnés à Madrid le même jour (14 mai 1792) que les GALLARDO ! Curieux...
On notera aussi qu'à partir de 1814, la ganadería se met à lidier sous le seul nom de Francisco GALLARDO (pourquoi ?...), ce qui lui vaut une nouvelle présentation à Madrid, le lundi 22 juillet 1816, avec 3 toros portant, cette fois, une devise dorée et blanche : la devise définitive de l'élevage ??? Ce 22 juillet est une función de mañana y tarde, comme il est alors fréquent à Madrid et ailleurs. Sont courus 14 toros : les 3 de GALLARDO, plus 3 de Bernabé del ÁGUILA y BOLAÑOS, 3 de Juan DÍAZ HIDALGO [inconnu de Toro-Genèse], 3 de Manuel BAÑUELOS RODRÍGUEZ et 2 de VENTURA de la PEÑA [inconnu de Toro-Genèse]. Pour les piquer : Antonio HERRERA CANO et José ORELLANA, le matin ; Cristóbal ORTIZ, Sebastián MÍGUEZ et Francisco OSUNA l'après-midi. Pour les estoquer : Jerónimo José CÁNDIDO, Francisco HERRERA "Curro GUILLÉN" et Antonio RUIZ "EL SOMBRERERO" ; au valeureux Francisco HERNÁNDEZ "EL BOLERO" reviennent les 2 derniers.
A la mort de Francisco fils, en 1817/1818, ses héritiers ne se sentent guère capables de poursuivre seuls le difficile travail d'élever ces toros de combat de haute lignée. Ils se mettent d'accord pour vendre en 3 (ou 4) lots la fort nombreuse vacada GALLARDO : elle est énorme puisqu'elle tourne finalement autour des 1.500 têtes. Il semble bien que la vente s'étage un peu dans le temps. Voici les lots, par ordre de vente :

° Le 1er lot (de 200 à 300 têtes probablement) va, dès 1818, à Gaspar MONTERO avec tous les droits, probablement ceux de Francisco GALLARDO resté seul ganadero. Ce bétail reste au Puerto de Santa María. Il passera vers 1830/1833 à Antonio GIL de HERRERA, qui en 1842 le vendra à Juan MIURA (avec les droits ??), l'initiateur des fameux miura. La ganadería acquise ainsi par Juan MIURA comprendra quelque 220 vaches de ventre (plus des toros, puisqu'il va rester, dit-on, 7 ans avec ce seul bétail !) ; sept ans plus tard, donc, en 1849, il y ajoutera le troupeau de José Luis ALVAREDA (voir ci-dessous), qui est de la même origine gallardo et qui comprendra 200 vaches plus 168 toros.

° Le 2ème lot, qui comprend quelque 500 têtes (excusez du peu !) et qui semble avoir été vendu en 1818 lui aussi, aboutit vers 1819 (mais pas plus tard que 1825) entre les mains de Domingo VARELA, de Medina Sidonia, après avoir transité brièvement par un certain Andrés JIMÉNEZ, de Bornos. Il croisera avec du cabrera et, peut-être, avec des bêtes d'autres provenances, à savoir vistahermosa et vázquez, qu'il posséde déjà. Cette branche est totalement éteinte aujourd'hui, ce qui est bien dommage, ne serait-ce que pour d'éventuels rafraîchissements de sang. Cependant, il n'est pas exclu qu'elle ait abouti entre les mains du premier des PABLO-ROMERO : voir dans cet élevage le "Second correctif".

° Le 3ème lot, encore plus important que les deux autres (dans les 800 têtes ?), est acquis, à une date encore assez floue (1828/1825) par José Luis ALVAREDA et Pedro ECHEVERRIGARAY, associés en commandite. C'est une part de cette branche qui, par Pedro ECHEVERRIGARAY (1842), aboutira en 1885 dans les mains de Felipe de PABLO y ROMERO, mais après bien des vicissitudes entre 1842 et 1885. Tandis que la part de José Luis ALVAREDA (1842) aboutira, elle aussi, dans les mains de Juan MIURA en 1849, sous la forme de 200 vaches et 168 toros. Total : 420 vaches et plus de 168 toros gallardos dans la base de MIURA... bien davantage que n'en aura PABLO-ROMERO !!! Mais il semble bien que MIURA effectuera ensuite avec son cabrera un "croisement absorbant" du gallardo. On voit en tout cas la grande proximité génétique entre les miuras et les pablorromeros ; surtout si l'on se rappelle que le cabrera de MIURA a la même origine "frailera" [voir la notice en italique des CHARTREUX DE JEREZ] que le gallardo.

° A ces trois lots bien répertoriés, il convient d'ajouter encore un quatrième lot, hypothétique : certains pensent que le Duque de SAN LORENZO aussi acquiert ,entre 1819 et 1830, un peu de bétail, qu'il réinjecterait en 1864 dans l'élevage acheté à Ramón LARRAZ : dans ce cas, le Duc aura constitué une "pâture". Ce lot ferait alors partie de la lignée aboutissant chez Felipe de PABLO y ROMERO.

° Enfin, il faut noter que la famille GALLARDO conserve pour elle-même un lot de bétail, comme il arrive souvent dans les familles ganaderas. On en trouve trace en 1830, au Puerto, où sont sortis des toros des "Herederos de GALLARDO", portant une devise verte. On peut supposer que la famille ne s'est pas réservé le moins bon ! Le devenir de ce lot est inconnu.

A partir de 1818, la formidable ganadería GALLARDO est donc dispersée en trois grandes parts, dont deux au moins entreront dans l'histoire : par MIURA et PABLO-ROMERO. Quant à la troisième, elle s'éteindra, quoique (cf. 2e lot, ci-dessus)...


Les événements


Date : 1808
Date : 1818
  • Cession de bétail :
    L'élevage (Hermanos) Francisco (et Rafael) GALLARDO vend à l'élevage Gaspar MONTERO quelques etalons (encaste gallardo).
    On sait seulement avec précision : 1) que Gaspar MONTERO se présente à Madrid le 28 septembre 1839 avec du bétail annoncé comme "procédant de GALLARDO" : il avait donc acheté aussi des toros, au moins quelques étalons, ce qui est logique ; 2) qu'en 1842, ce lot -passé en grande partie de Gaspar MONTERO à Antonio GIL de HERRERA, en 1830/1833- permettra à ce dernier de vendre 220 vaches de ventre à Juan MIURA, ainsi que quelques toros sans doute. Antonio GIL de HERRERA a ainsi une dizaine d'années pour faire un vrai travail de ganadero, qui est attesté. Sachant que le troupeau des GALLARDO atteignait les 1.500 têtes, on se risque ici, pour l'achat de Gaspar MONTERO, à une estimation de 200/300 têtes.

  • Cession de bétail :
    L'élevage (Hermanos) Francisco (et Rafael) GALLARDO vend à l'élevage Gaspar MONTERO 200/300 vaches (encaste gallardo).


Date : entre 1819 et 1825
  • Cession de bétail :
    L'élevage (Hermanos) Francisco (et Rafael) GALLARDO vend à l'élevage Domingo VARELA 500 têtes de bétail (encaste gallardo).
    En réalité, cet important lot de bétail effectue d'abord un "bref passage" (1818/19-1819/25) entre les mains d'un certain Andrés JIMÉNEZ, de Bornos (petite ville de la province de Cádiz), -dont on ne sait apparemment rien de plus si ce n'est que, le 30 avril 1793, il a vendu pour 4.545 reales de blé venant du "grenier agricole" de Puerto Real- avant de venir grossir l'élevage de Domingo VARELA, de Medina Sidonia (province de Cádiz aussi).


Date : entre 1828 et 1835
  • Cession de bétail :
    L'élevage (Hermanos) Francisco (et Rafael) GALLARDO vend à l'élevage José Luis ALVAREDA et Pedro ECHEVERRIGARAY 800 têtes de bétail (encaste gallardo).
    Le chiffre de 800 têtes est conjecturé, mais il est certain que c'est le lot le plus important issu des GALLARDO. Certains donnent 1818 comme date de la transaction ; d'autres donnent une date beaucoup plus tardive (1840) : on retient ici une fourchette comprise entre la naissance de José Luis ALVAREDA (!), et une course attestée au Puerto de Santa María le 12 juillet 1835 [voir l'élevage correspondant].


Date : entre 1828 et 1840