FICHE ELEVAGE

Antonio GARCÍA PEDRAJAS

Plan : 00.07 ou 00.00



La ganadería d'Antonio GARCÍA PEDRAJAS est formée en 1918 par achat à Félix MORENO de son premier élevage, d'encaste correa et, semble-t-il, de fer Correa [il le changera par le sien]. Cette même année, il y ajoute comme semental un eral saltillo ; et l'année suivante 3 erales parladé - gamero cívico achetés à Luis GAMERO CÍVICO : "JABATO", "HORQUILLERO" et "CARA ANCHA" : des parladeños de haute lignée. Cet ensemble prend désormais le nom d'encaste pedrajas.
L'élevage connaît des débuts difficiles, ne vendant que quelques novillos, à Cordoue et dans les pueblos de la province : 29, tous à Cordoue, en 1919 ; les 6 du 4 mai et les 6 du 2 août se montrant d'excellente qualité... 22 novillos, dont 18 à Cordoue, en 1921...
Les appréciations de la critique sont plutôt rudes. En 1920, Don LUIS, qui succède à Don VENTURA à la tête de "TOROS Y TOREROS", y écrit : "Ce ganadero n'a encore que peu d'importance parce que ses bêtes manquent des conditions pour accréditer une devise, qui vient de Parladé, ne serait-ce que parce qu'il n'a pas eu le temps nécessaire pour que donnent leur fruit les enthousiasmes qu'il a mis dans l'élevage des toros qu'il possède depuis l'an passé. Il n'a vendu aucun toro et, à part des novillos isolés, il n'a donné qu'une novillada complète, le 16 mai à Cordoue.". Pendant quelque 10 ans, les novillos lidiés sont généralement jugés "broncos, regulares, mansurrones" ; quant aux toros, ils passent tous en rejoneo.
Mais en réalité, après Félix MORENO, Don Antonio se livre à une sélection rigoureuse [penser en outre à l'apport du semental saltillo imposé par Félix MORENO en 1918,lors de l'achat, et surtout à l'introduction comme sementales des 3 erales parladé - gamero cívico de haute lignée achetés en 1919 directement à Luis GAMERO CÍVICO !].
Dès 1919, son travail est bien perçu par Don VENTURA dans "TOROS Y TOREROS" : "Bien que le señor GARCÍA puisse être satisfait du jeu donné, on remarque sa préoccupation d'améliorer le sang, et c'est là un indice de son 'afición' ainsi que du soin dont il fait preuve. Qu'il continue sur ce chemin et il peut parvenir à créer une 'ganadería de primera'."
En 1922, Don LUIS lui-même remarque dans "TOROS Y TOREROS" : "Dans les 2 dernières tientas, on a observé les bons fruits des croisements effectués avec les 3 [erreur ?]sementales de Gamero Cívico ; on a lidié cette année quelques exemplaires très braves comme 'Amapolo' qui figure au 'Capítulo de Honor' comme 'toro de bandera'. Le Señor Pedrajas a vendu plus de bêtes qu'avant, sans sortir de la plaza de Cordoue où il a conquis en peu de temps un excellent cartel, au point qu'il a vendu tous ses novillos et ne peut espérer en lidier comme toros (...) Il a lidié 24 novillos, dont le brave 'Amapolo' estoqué le 19 février par MAERA, dans un festival." De fait, on peut lire au fameux 'Capítulo de Honor' : "'Amapolo', numéro 67, noir, 'mogón' d'une corne et épointé de l'autre, avec devise blanche et rouge, lidié en quatrième position lors du festival de bienfaisance du 19 février à Cordoue. A la sortie du 'chiquero', il donna de violentes 'cornadas' dans la porte. Il s'élança vite et de loin sur les chevaux, les renversant 3 des 5 fois où on le mit devant eux, rechargeant jusqu'à obtenir, bien que sans pointes, la mort de l'un d'eux. Sa bravoure et son extraordinaire noblesse permirent à Maera d'obtenir un grand triomphe aux banderilles et à la muleta, dont la faena se prolongea plusieurs fois à la demande du public qui voyait le torero chaque fois meilleur, tout comme l'excellent novillo qui fut applaudi à l'arrastre." [depuis, on en a grâcié pour bien moins que cela...]
En 1923, on a pour seul écho celui de la présentation à Madrid le 27 juillet, dans l'hebdomadaire "ZIG ZAG" : "García Pedrajas, l'enthousiaste ganadero cordouan, a obtenu un bon succès avec la novillada de sa présentation à Madrid."
En 1924, Don VENTURA reprend la revue "TOROS Y TOREROS" avec UNO AL SESGO. Ils sont laconiques : "A part quelques novillos lidiés sans picadors ou en novilladas de peu d'importance, à Cordoue et dans sa province, 6 novillos plurent à Barcelone, surtout 'Bordador' qui fut 'muy notable'." En 1925, les deux mêmes : "De cet éleveur Cordouan, nous avons enregistré : 4 toros durs à Pozoblanco le 27 septembre"... ce qui fut, semble-t-il sa première corrida de toros.
En 1926, 6 toros (dont 2 sobreros à Barcelone et à Madrid, mansos et difficiles) et 32 novillos (dont 6 à Séville, broncos) : des notes franchement défavorables... En 1927, 2 toros et 28 novillos partagés entre 'buenos' et 'regulares' (à traduire par : médiocres). En 1928, 0 toro et 20 novillos : "Cet élevage n'avance pas sur le chemin du succès", juge "UNO AL SESGO". En 1929, 6 toros (mansos et broncos) et 16 novillos : "N'a pas avancé d'un seul pas", note encore UNO AL SESGO...
En 1930, 11 toros (presque tous en rejoneo) et 25 novillos : "Entre le mauvais, le moyen et le médiocre, sortent des toros très braves, qui viennent sûrement d'un meilleur sang que celui des anciens correa (...) Il semble qu'il ait encore ajouté du parladé.", note le même UNO AL SESGO. Les résultats finissent par se faire sentir suffisamment pour commencer à retourner la critique ; mais le ganadero décède en 1931...
Cette histoire en dents de scie d'une ganadería pourtant promise à un avenir prestigieux et menée par un éleveur aussi riche qu'enthousiaste, illustre bien les complexités de l'élevage bravo... L'alchimie brava demande beaucoup de rigueur, d'intuition, d'argent... et de chance.
A sa mort, il laisse 2 enfants : Magdalena et Francisco GARCÍA NATERA [certains parlent toutefois d'une autre fille : María, dont la part aurait fini par aboutir à Tulio et Isaías VÁZQUEZ... Il s'agit peut-être d'une erreur ; en tout cas, on se place ici dans l'hypothèse, plus vraisemblable, où cette fille n'existe pas réellement, du moins du point de vue ganadero]. Dès 1932, Francisco vend sa part aux deux frères Ramón et Jaime MORA FIGUEROA, les fils de la Marquesa de TAMARÓN. Quant à Magdalena, elle garde sa part avec succès jusqu'en 1939 puis la met sous le nom de son mari : c'est cette dernière part qui deviendra célébrissime avec María Luisa DOMÍNGUEZ PÉREZ DE VARGAS ; une petite fraction de son bétail aboutira, elle aussi, dans la casa GUARDIOLA : chez Salvador GUARDIOLA DOMÍNGUEZ, par l'intermédiaire de Manuel GUERRERO PALACIOS.


Les événements


Date : 1918
Date : entre 1918 et 1920
Date : 1919
Date : 1931