FICHE ELEVAGE

Eduardo IBARRA (YBARRA)

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Pendant 20 ans (1884-1904), Eduardo IBARRA polit la race et grandit le type, tout en maintenant les caractères du murube : l'encaste ibarra est né, avec son célèbre fer. Et avec très grand succès.
En 1904, 43 toros sont lidiés. Le 3 juillet à Nimes, les 6 toros sont extraordinaires en tout (le dernier prend 6 piques, obtient 6 chutes et tue 5 chevaux). Le 2 mai à Madrid , le lot prend 36 piques pour 12 chutes, "BOTICARIO" est "de ceux qui suffisent à accréditer une devise" (Manuel SERRANO GARCÍA-VAO) ; quant au toro figuré ici en tête, une estampe de toro, il est toréé par Rafael GONZÁLEZ "MACHAQUITO". Celui-ci, appelé "BARQUERO", est réputé avoir été combattu en octobre 1883 à Valencia : il faut probablement en conclure que l'achat à Felipe MURUBE MONGE date en fait du courant 1883, bien qu'il n'ait paru officiellement qu'en 1884. Joaquín SANZ "PUNTERET" a pris l'alternative avec ce "CORIANO", le 10 ctobre 1886 à Madrid.
Détail original : les cabestros de l'élevage sont presque tous de pelage très clair. En effet à cette époque, les toros sont conduits de nuit et à pieds jusqu'aux arènes de la région, particulièrement à Sevilla ; il est alors beaucoup plus facile de distinguer les toros, généralement foncés, des cabestros.
D'après René BAZIN, vers 1894 YBARRA vend ses toros de 5/6 ans de 800F à 2.500F chacun (les matadors étant payés, eux, 5/6.000F chacun) ; tandis que les célèbres toros de VERAGUA "ne valent jamais moins de 2.000F".
Les élevages Manuel FERNÁNDEZ PEÑA et Fernando PARLADÉ vont être les successeurs d'IBARRA, donnant naissance à deux lignées ganaderas majeures.

Il faut raconter ici l'histoire de "DIANO", l'un des plus célèbres toros de l'histoire. Ceux-ci le sont généralement pour leur lidia et surtout pour avoir causé la mort d'un matador lui-même célèbre. "DIANO" ne fut pas lidié et mourut... de vieillesse ! Si son nom reste dans l'histoire, c'est grâce à Luis FERNÁNDEZ SALCEDO qui lui consacra un livre de 430 pages, intitulé "DIANO", dont la première édition date de 1959.
SALCEDO est l'arrière-arrière-petit-fils de Vicente MARTÍNEZ, le célèbre éleveur de casta jijona, basé à COLMENAR VIEJO. En 1854, celui-ci achète à Joaquín DE LA CONCHA Y SIERRA un semental nommé "ESPAÑOL" qui ne donne pas de bons résultats : en 1894, à la mort de Vicente MARTÍNEZ, sa ganadería est en quasi perdition ; on lui refuse des toros... même à BAYONNE. Ses héritières sont (ses ?) deux filles : Manuela, mariée à Juan Pablo FERNÁNDEZ, et Vicenta, mariée à Luis GUTIÉRREZ. Ce dernier prend la direction de l'élevage ; dès lors il écrit, au jour le jour, l'histoire de sa gestion, et c'est de ce 'livre' que naît celui de SALCEDO.
En 1903, Luis GUTIÉRREZ décide d'opérer un nouveau croisement et choisit trois noms de ganaderos andalous dont il va tenter d'obtenir ce qu'il souhaite. Ce n'est pas chose aisée car les éleveurs détenteurs du sang Vistahermosa le conservent alors jalousement. Les trois élus sont SALTILLO, IBARRA et MURUBE. Pour obtenir son semental, Luis demande à son ami Pedro NIEMBRO, empresa des arènes de Madrid, de s'entremettre. Pour ne pas le désobliger, SALTILLO et MURUBE acceptent de céder un utrero mais à un prix qu'ils savent inacceptable : respectivement 25.000 et 20.000 pesetas alors que pareil produit se négocie normalement à 5.000 (comme chez VILLAMARTA par exemple). Eduardo IBARRA serait plus raisonnable, à 10.000 pesetas, mais son frère Luis refuse de vendre.
Or voici que le 17 avril 1904, Eduardo IBARRA écrit à NIEMBRO (... sur du papier à en-tête du Sénat) qu'il vient de vendre sa ganadería et qu'il ne voit pas d'inconvénient à lui vendre un semental. Le 21 mai, "DIANO" fait son entrée au "SOTO DE LA FUENTE", la finca des consorts MARTÍNEZ.
Le 11 janvier 1907, Luis GUTIÉRREZ meurt sans avoir pu vérifier l'heureuse issue de son entreprise obstinée. C'est seulement le 10 juin 1909, Jeudi du Corpus, que le premier lot issu du croisement est lidié : à Madrid par Vicente PASTOR, "REGATERÍN" et "BIENVENIDA". Dans EL LIBÉRAL, "DON MODESTO" l'un des grands revisteros de l'époque, écrit : "Il sera difficile de présenter una corrida más bonita, más igual, más fina y de mayor respeto (...). Les toros de Don Vicente furent tous braves et beaucoup plus nobles que braves. Tous firent un excellent combat avec les picadors (...). Et s'ils furent braves pendant le second tiers, ils furent ensuite bravissimes. Ne parlons pas de la noblesse : de véritables agneaux. Et beaucoup de pouvoir. Tout ce qu'on espérait en voyant la magnifique présentation. Bravo, don Vicente ! C'est ainsi qu'on améliore une ganadería." Les six ont pris 26 piques, obtenu 12 chutes et tué 7 chevaux ; les toreros, en cette époque pré-moderne, donnèrent pas moins de... 113 passes.
"DIANO" aura vécu jusqu'à l'âge de 20 ans, disparaissant le 18 janvier 1920 : le voici en 1919 et à la même époque. Jeune, il était déjà typé, mais évidemment moins "fait". Il aura donné des résultats extraordinaires et participé à la naissance de 16 camadas, soit 271 mâles et 290 femelles. On comprend que sa tête ait été naturalisée.
Ainsi que l'écrit Luis FERNÁNDEZ SALCEDO, la démarche de Luis GUTIÉRREZ est l'une des premières du genre à avoir été vraiment voulue. Les éleveurs se refusent alors à tout croisement tant les résultats n'ont été jusque-là que fort médiocres : ainsi l'achat du toro de PÉREZ DE LA CONCHA par Vicente MARTÍNEZ, qui s'était révélé désastreux, n'avait été effectué que par hasard ; le toro faisait partie d'un lot destiné à Bilbao et il s'était révélé boiteux en arrivant près de Madrid ; le résultat de ce croisement n'avait rien eu pour inciter les confrères à l'imiter !


Les événements


Date : le 01/06/1884
  • Cession de bétail :
    L'élevage Felipe MURUBE vend à l'élevage Eduardo IBARRA (YBARRA) la totalité de ses têtes de bétail (encaste murube).
    La précision du 1er juin (1884) est seulement destinée au classement informatique des données ; seule l'année est connue avec précision.

  • Création :

    La finca de "San José" n'est que l'une des fincas IBARRA ; DOS HERMANAS en est la commune importante la plus proche.

  • Création :

  • Remarques :
    ° La précision du 1er juin (1884) est seulement destinée au classement informatique des données ; seule l'année est connue avec précision.
    ° Voici la naissance d'une immense lignée ganadera... mais par quel miracle le murube, classiquement negro avec seulement quelques castaño, tostado et colorado, et presque sans particularités de pelage, se retrouve-t-il de toutes couleurs et avec beaucoup de particularités de pelage en devenant ibarra ?... Il faut sans doute penser à quelque addition occulte de sang : un peu de vazquez ? de jijón ?? de vistahermosa ancien ??? Ce fait ne semble noté et moins encore élucidé nulle part.

Date : entre 1884 et 1904
Date : 1896
Date : 1898
Date : entre 1899 et 1904
Date : entre 1903 et 1904
Date : 1904
Date : entre 01/1904 et 03/1904
Date : le 21/05/1904
  • Cession de bétail :
    L'élevage Eduardo IBARRA (YBARRA) vend à l'élevage mtnz_v_hjs 1 têtes de nature inconnue (encaste ibarra).
    Il s'agit du très célèbre "DIANO", qui va donner des résultats extraordinaires pendant 16 ans.