FICHE ELEVAGE

MURTEIRA GRAVE

Plan : 00.03



En 1958, Joaquín Manuel MURTEIRA GRAVE constitue un élevage phare du Portugal, créant son encaste à la portugaise : avec du bétail de diverses sources parladé, à savoir guardiola soto, pinto barreiros, auxquels il ajoutera ensuite peu de núñez (lignée rincón), de tamarón, de villamarta. Longtemps présent dans les grandes ferias espagnoles dont Madrid, Bilbao et Pamplona, puis en baisse dans les dernières années du XXe siècle : de la difficulté à avoir du bétail "trop" dur... et à essayer de l'adoucir pour pouvoir le vendre, sans lui faire perdre sa force et ses qualités !
Présentation du fer à Madrid le 21 juin 1964 ; il prend donc son ancienneté par MURTEIRA GRAVE. Cette présentation a lieu sous la pluie avec une novillada "con sombrero y trapío" qui donne un excellent jeu pour "LUGUILLANO", Paco MORENO et Juan TIRADO (1 oreille et 1 oreille). Le 3e, "ROSARITO", bien fait et ardent au combat (codicia) est fort remarqué.
C'est le semental de Juan GUARDIOLA SOTO, "SARGENTO", N°46, semental emblématique de la ganadería, qui a donné le trapío type et cette armure relevée, si caractéristiques de l'élevage jusqu'au début des années 90... A partir de cette époque, l'éleveur a tenté un certain adoucissement. Le trouvant finalement néfaste, il a sélectionné en fin des années 90 un nouvel étalon, "ATIRADOR" [cf. photo de la notice sur l'encaste], destiné à retrouver le murteira passé. Il semble y avoir réussi, si l'on en juge par la photo placée ici en en-tête ; ou par celui-ci. Mais on peut encore admirer ce vieux semental... ce tío massif... ou encore celui-ci... En 2008, les sementales "ORADO" et "POLLITO", purs gamero cívico, sont les frères de "GALLINETO" avec lequel César RINCÓN a triomphé à Madrid en 1991.
Aux heures de gloire de l'élevage, on note : vuelta al ruedo à Madrid en 1967 et le 29 mai 1988 ; prix de la San Isidro en 1984 et 1988 ; trophée du meilleur lot des ferias de BILBAO (1984) et PAMPLONA (1986 et 1987), de SANTANDER, CÓRDOBA,ALBACETE... sans parler de succès notables en France : MONT-DE-MARSAN (1970), DAX (1971), VIC-FEZENSAC (1972 et 1973). Le 22 mai 1991 à "Las Ventas", le 6e toro, "GALLINETO", permet à César RINCÓN le second triomphe madrilène qui va faire du Colombien la vedette que l'on sait : il lui coupe les 2 oreilles, fait 2 vueltas al ruedo et sort a hombros. Depuis, dans les années quatre-vingt dix, l'étoile de la ganadería a, hélas ! pâli pour avoir voulu "plaire"...
La devise portugaise était rapidement devenue une habituée de "Las Ventas". Les toros étaient toujours présentés "pour Madrid" et leur comportement satisfaisait l'aficionado, même si la bravoure pure manquait parfois un peu. Quant à la noblesse, elle était souvent réelle. Le problème pour les toreros s'est trouvé dans les armures et dans une irrégularité notable...

La "Révolution des oeillets", commencée en avril 1974, avait provoqué de 1976 à 1978 la disparition de l'élevage dans l'annuaire de l'U.C.T.L.; il y a été réintégré en 1979. Pourquoi ces 2 choses ?...
Cette "révolution" soulève les espoirs de tout un peuple. La classe privilégiée se trouve balayée. La crise se propage de la ville vers les campagnes : les fincas sont envahies, leurs propriétaires expropriés. Dans celles où l'on élève du bétail brave, on le croise avec des vaches à lait ou à viande. En cinq années, c'est un siècle et demi de sélection qui part en fumée...
LA GALIANA est occupée en mars 1975. Joaquín MURTEIRA GRAVE est arrêté, puis relâché et contraint à l'exil. Heureux concours de circonstances, en son absence un ami de la famille préserve tant bien que mal l'intégrité du célèbre troupeau qui a remporté tant de succès dans les ruedos d'Espagne. Lorsqu'il peut rentrer chez lui, quatre ans plus tard, notre ganadero n'en croit pas ses yeux : alors que la plupart de ses confrères retrouvent leur ganadería ruinée, ses toros à lui sont toujours somptueusement présentés ; ils connaissent immédiatement des tardes importantes comme : "DANZARINO" lidié à Madrid en 1980, "ENGAÑOSO" qui remporte en 1981 le prix au toro le plus brave de la feria de Mont-de-Marsan, ou "SACRISTÁN" qui reçoit le prix au meilleur toro de la San Isidro en 1984. Las ! au cours des années 1990, une perte de qualité va perturber la splendide remontée de la ganadería : on a voulu trop tempérer, adoucir la caste pour les figures... et elle a dégénéré (plus de précisions dans la fiche de l'encaste murteira grave).
Depuis 2003, c'est Joaquín MURTEIRA GRAVE fils (Joaquín Manuel VASCONCELLOS Sa GRAVE) qui dirige de fait l'élevage. Comme tous ses confrères, il subit, impuissant, l'embargo décrété contre les toros portugais pour raison sanitaire : "vache folle" oblige... puis "langue bleue". C'est la perte de marchés espagnols et français.
Dans le début des années 2000, par mesure sanitaire, les toros portugais ont dû être brûlés après la lidia ; cela a entraîné des surcoûts et des complications qui ont refroidi les empresas. Espérant que la conjoncture redeviendrait favorable, on a persévéré dans la rigueur de la sélection... même s'il a fallu lidier à la mode portugaise, qui exige moins de bravoure et de noblesse.
Il se dit que la maison conserve 4 lignées originelles pures (probablement pour pouvoir rafrîchir le sang) : du guardiola soto... des vaches (de quelle origine?) croisées avec des étalons núñez auxquelles on affecte des sementales juan pedro : les mâles sont lidiés et les eralas sont sensationnelles ; mais que donneront les générations, suivantes ? on ne sait pas encore... sans doute du samuel... et, bien sûr, du núñez.
Les sementales sont choisis en tentadero classique. Occasionnellement, un toro qui a plu en lidia portugaise à cheval peut être conservé pour le tester ensuite en toreo à pied. Joaquín Manuel cherche : au cheval, bien dans l'esprit de l'élevage pourtugais, promptitude, fixité (fijeza), distance et poussée ; à la muleta, fixité, charge tête baissée (humiliación), et surtout résistance (duración) en vue des faenas actuelles qui sont longues. On espère revoir bientôt ce bétail encasté hors du Portugal...


Les événements


Date : 1958
Date : 1974
Date : entre 1975 et 1990
Date : 1985
Date : 1987
Date : 1994
  • Cession de bétail :
    L'élevage dmcq_sl_jp vend à l'élevage MURTEIRA GRAVE 2 etalons (encaste jpdr).
    Cette pointe de juanpedro a pour fonction de donner plus de noblesse et d'affermir la bravoure, allongeant ainsi la charge. CeS 2 étalonS s'appellent "GAMBERRO" et "BORRACHO"


Date : 1995
  • Cession de bétail :
    L'élevage nnz_c2 vend à l'élevage MURTEIRA GRAVE 30 vaches (encaste núñez).

  • Cession de bétail :
    L'élevage nnz_c2 vend à l'élevage MURTEIRA GRAVE 1 etalons (encaste núñez).
    Officiellement, cet achat est élevé séparément... ce qui est d'autant moins une garantie absolue qu'il est cohérent avec l'élevage !