FICHE ELEVEUR

Rafael LAFFITTE y CASTRO


naît : 1800/1840
meurt : 1893-12-10


Chose peut-être importante vis-à-vis de la constitution de l'élevage PABLO-ROMERO, Rafael LAFFITTE y CASTRO est le fils de l'important éleveur de bravos Rafael LAFFITTE LAFFITTE, et donc le neveu de son frère et successeur, Julio LAFFITTE LAFFITTE : ces liens de famille facilitent les échanges de bétail discrets ! Chose d'autant plus facile que tout le monde est sévillan. Quoi qu'il en soit, Rafael LAFFITTE y CASTRO baigne depuis sa naissance dans le monde ganadero. Il sait ce que coûte une ganadería, aussi attend-il d'être plein aux as pour se lancer, et choisit-il ce qui lui semble le meilleur... il n'aura pas trop mauvais jugement !...
En 1869 (et non 1870 comme on le dit souvent), l'homme d'affaires, marchand de biens, probablement usurier, et qui -du moins à la fin de sa vie- sera sénateur de Castellón (pourquoi là ? il est de Cádix !), Rafael LAFFITTE y CASTRO crée son élevage en achetant celui du cordouan Rafael José BARBERO : des vaches jijón croisées avec des étalons cabrera venant de Jerónima NÚÑEZ de PRADO. Voici donc la branche "ajijonada" du futur pablorromero.
Fin 1874, en raison des excellents résultats obtenus, semble-t-il, par José BERMÚDEZ REINA [et déjà par le duc de SAN LORENZO avant lui, probablement] en croisant du gallardo et du vázquez, Rafael LAFFITTE y CASTRO achète son élevage et l'incorpore dans celui qu'il possède déjà.
Ainsi, à partir d'achats successifs et sans avoir fourni encore le moindre effort de sélection comme ganadero, Rafael LAFFITTE y CASTRO devient-il, en 1874, propriétaire d'une ganadería tout à fait singulière qui réunit les castes vazqueña, gallarda, navarra, jijona et cabrera. Devant un tel mélange d'origines et de fers, il adopte un jugement de Salomon : il maintient la devise originelle de chacun de ses toros et rend ainsi manifeste leur élevage de provenance... mais non leur caste, puisque les croisements sont déjà bien avancés dans chacune de ses 2 branches.
Sans le savoir, il vient de réaliser la réunion des "ingrédients" [ou plutôt de presque tous] du futur encaste pablorromero. C'est pourquoi on parle ici d'encaste pré-pablorromero.
N.B._Malgré ce que disent la plupart des commentateurs, l'achat à Rafael José BARBERO n'a pas lieu en 1870 mais en 1869. La preuve en est irréfutable. Il y a trace d'une corrida exceptionnelle donnée à Madrid le dimanche 31 octobre 1869 au bénéfice du malheureux matador Antonio SÁNCHEZ "EL TATO", qui avait dû subir l'amputation de la jambe droite le 14 juin précédent suite à sa cogida du 7 : le 5e toro de l'après-midi, lidié par le cordouan Antonio LUQUE "CAMARÁ", y est annoncé de Don Rafael LAFFITTE, antes de BARBERO (devise non répertoriée). La seule réserve possible serait que ce toro soit en réalité de Rafael LAFFITTE LAFFITTE, et non de son fils Rafael LAFFITTE y CASTRO... bien que depuis 1863 les toros du père soient passés au nom de son frère Julio LAFFITTE LAFFITTE ; c'est assez improbable, mais pas impossible car le ganadero qui fait alors référence est Rafael et non Julio. Cependant, on ne trouve aucune autre trace d'achat des LAFFITTE chez BARBERO en dehors de Rafael LAFFITTE y CASTRO.
L'ancienneté de son fer à Madrid n'est pas très claire.
Malheureusement, vaches et toros sont plus ou moins mélangés en vrac, et il n'y a pas de suivi sérieux. Pris par ses nombreuses affaires et ses occupations politiques [pour preuve, il parvient à se faire élire sénateur de la province de Castellón en 1893... quelques mois avant sa mort], probablement touché par des problèmes de santé, Rafael LAFFITTE y CASTRO ne s'occupe pas convenablement de la ganadería. Elle périclite. La décadence est telle qu'elle perd l'essentiel de son prestige. C'est pourquoi il la vend à Carlos CONRADI GALÍN en janvier ou février 1885... Elle ne restra chez lui qu'une dizaine de mois avant d'être acquise par Felipe PABLO y ROMERO, qui parviendra à la remonter... ou/et à le faire croire !