FICHE FER

Pablo-Romero

Devise : bleu ciel et blanc
Ancienneté : 1888-04-09
Señal : D=rabisaco ; G=hendido,muesca
Fer d'origine : gallardo
Création :



Il se dit que le bleu de la devise évoque le bleu délavé du ciel de la marisma, et que le blanc immaculé évoque la Paloma del Rocío envers laquelle les PABLO-ROMERO ont une grande dévotion : si non e vero... Quoi qu'il en soit de ce symbolisme, peut-être donné a posteriori, il est certain que le duc de San Lorenzo et Rafael Laffitte ont parfois utilisé cette devise pour leurs toros.
Avec difficulté, Felipe PABLO y ROMERO parvient à se présenter à Madrid, sous son nom et en tant que Sévillan, le lundi 9 avril 1888 (le 8, si on en croit l'annuaire de la UCTL ; mais l'affiche originale dit bien : le 9 !) ; l'affiche mentionne comme origine des toros : duque de San Lorenzo et Laffitte (forcément Rafael LAFFITTE y CASTRO). A l'affiche, , Rafael MOLINA "LAGARTIJO", Manuel HERMOSILLA, et Rafael GUERRA "GUERRITA", ce qui n'est pas rien. L'événement a lieu dans la vieille plaza de la capitale dite "Plaza de la Fuente del Berro" [Place de la Fontaine du Cresson] (en fonction de 1874 à 1934), située sur l'emplacement de l'actuel "Palacio de los Deportes". Felipe acquiert ainsi son ancienneté et celle de son propre fer... bien que ses toros arborent encore ce fer : un ancien fer de Laffitte y Castro, qui semble d'ailleurs avoir été utilisé jusqu'au tournant du XXe siècle puisqu'en 1896 "La Tauromaquia"de GUERRITA, et en 1897 le "Diccionario" de SÁNCHEZ NEIRA, le donnent encore comme celui de Pablo-Romero !
Les toros sont très bien présentés. Le lot prend 57 piques (aujourd'hui, on parlerait de "rencontres"), provoque 23 chutes, laisse 10 chevaux sur le sable. Deux toros ressortent particulièrement. D'abord le bravissime 2e, "CUCHILLERO", qui prend 13 ou 14 piques, provoque 8 chutes et tue 3 chevaux ; il est estoqué par le Gaditan de Sanlúcar de Barrameda, Manuel HERMOSILLA, et honoré de 2 vueltas al ruedo ! Ensuite le 6e, "CHATO", très brave, qui prend 13 piques, provoque 5 chutes, et tue 4 chevaux ; il est estoqué par le second "calife" de Cordoue, Rafael GUERRA BEJARANO "GUERRITA" ; certains disent que c'est ce 6e toro, et non le 2e, qui aurait été honoré des 2 vueltas al ruedo. Quant aux autres, le 1er et le 5e ont des comportemnts de mansos ; le 3e et le 4e sont convenables (cumplieron). Les picadors sont Francisco FUENTES et Antonio CALDERÓN, tandis que Enrique SÁNCHEZ "ALBAÑIL" et Antonio BEJARANO "PEGOTE" sont les 2 piqueros de secours. Manuel RODRÍGUEZ "MOJINO" brille aux banderilles. Complète l'affiche le 1er "calife" de Cordoue, Rafael MOLINA "LAGARTIJO", grande figure mais déjà en pleine dégringolade, qui est chef de lidia. Aucun des 3 matadors n'est particulièrement brillant, mais ils font tous voir leurs qualités, si bien que le public sort satisfait... mais surtout par kle jeu des toros débutant dans ces arènes. "GUERRITA" lui-même, alors grande figure majeure de son époque, et l'un des premiers à avoir le pouvoir d'exiger le bétail et les compañeros de cartel qui lui conviennent, ne tarit pas d'éloges sur les toros de don Felipe. Felipe de PABLO y ROMERO vient d'entrer dans le cercle fermé des grands ganaderos de son temps. D'autant plus que le 31 mai suivant, à Sevilla -mais peut-être pas à la Maestranza-, "CIGÜEÑO" reçoit la même récompense d'une double vuelta pour sa bravoure indomptable... Mais cela ne signifie pas que Felipe fera tout de suite partie du gotha des ganaderos indispensables dans les grandes ferias : aujourd'hui comme hier, il faut du temps pour s'imposer.

Le dessin du fameux fer, choisi par Felipe au bout de quelques années, et si souvent dit 'du Oméga', est en fait évocateur d'une réalité beaucoup plus prosaïque et fort symbolique : il dessine le contour d'une porte de four à pain avec ses pattes de fixation ; c'est pourquoi sur les côtés, chacune des 2 pattes est dessinée horizontalement, et non dans l'axe d'un rayon. Le pain, c'est l'âme de la vie à la finca et le symbole du partage. Mais ce dessin n'est pas créé à partir de rien. Il est le fruit d'une évolution. Inspiré du fer dont Felipe, le créateur de la ganadería, marquait ses chevaux (on en trouve trace dès 1860), il a évolué en deux temps : en 1935, sur les côtés, chacune des 2 pattes de fixation suit encore l'axe d'un rayon, avec une partie extérieure tangente à la courbe. En quelle année a-t-il été dessiné comme il l'est aujourd'hui ?... _ Il est intéressant de noter que, jusqu'au bout, la ferrade (herradero) se fera selon la méthode traditionnelle, en couchant le veau à la main, et non avec l'aide d'un cajón de soins : attachement à la tradition, mais aussi souci de perfection car de cette façon la marque est posée de façon plus précise et plus régulière.


Les événements


Date : 10/1885
Date : 1906
Date : le 01/01/1944
Date : 08/1944
Date : 1955
Date : 1975
Date : le 05/07/1979
Date : 04/1986
Date : le 01/01/1998